29/07/2013

Louis Miniac (1822-1890), chercheur d'or

Louis Miniac (1822-1890) fut un aventurier et chercheur d'or français.

Biographie

Né à Saint-Servan (aujourd'hui Saint-Malo) le 26 août 1822, Louis Miniac est le fils d'un tonnelier servannais, Antoine Miniac, et de Noëlle Germain. Cordonnier de marine servannais issu d'une famille de marins du Clos-Poulet, il se marie à Anne-Marie Duchesne (1825-1911), sœur aînée de l'historien et académicien français Louis Duchesne.

Anne-Marie Miniac, née Duchesne, septuagénaire.
Cliché d'Auguste Bonnesoeur, Saint-Servan. 



Par son mariage, il est le beau-frère du pionnier de l'Oregon Jean-Baptiste Duchesne. Puis, ruiné et divorcé en 1852, ce père de famille nombreuse (ses enfants se prénomment Alfred Miniac (1842-1879), Edmond (1847-1891), Louis-Marie (1845-1911), et Paul (1851-1936)) quitte la France au moment de l'Eldorado, dans l'espoir de refaire sa vie en profitant la ruée vers l'or.
 
 
                                                       Sutter, le découvreur californien.
 
Lorsqu'avec dix-sept autres passagers, le noble déchu Félix de La Vilatelle, un montagnard parisien démuni, quelques couples sans argent, dont celui de Philippe Formey de Saint-Louvent, il part du Havre le 30 mai 1852 à bord de la goélette dunkerquoise Indépendance capitaine Allémès, armé par Louis Victor Marziou et sous-traité par Gaspard Malo, il ne sait pas qu'il passera le reste de sa vie en Amérique.
 
 
 
Ce voyage est un départ de la trop fameuse Loterie des lingots d'or qui envoie gratuitement en Californie nombre de Servannais et de Havrais, outre la masse des indigents et révolutionnaires parisiens.





Le "lingot" Miniac manque de sombrer sur un récif, fait escale à Rio en juillet, passe le cap Horn dans une tempête, perdant un des matelots, puis arrive affamé en Californie, se nourrissant de requin.



Après un périple épique de 175 jours relaté par une autre aventurière, la mystérieuse Fanny Loviot, dans un des rarissimes et controversés récits de ces traversées au long-cours vers l'Amérique, il atteint San Francisco le 20 novembre 1852 comme 14 autres passagers de la goélette, débutant son initiale vie de chercheur d'or.
 
 
 
 

Tanneur en 1873, il réside Serpentine Avenue, dans le quartier de Mission District à San Francisco.


Il vote en 1878 à San Francisco et en 1886 à Alameda, face à San Francisco, dans la baie éponyme.


Alameda, Californie, 1908.

Alameda, toujours.

En 1882, il donne son accord au mariage bazougeais de son fils Paul Miniac, négociant en tissus établi place Bouvet à Saint-Malo, avec Marie Desmonts (1854-1934).

San Leandro, Californie.

Celui qui ne reviendra jamais en France meurt le 16 mars 1890 à San Leandro, dans la baie de San Francisco, après une vie d'aventures pendant près de quarante ans en Californie, l'ayant mené des mines d'or aux tanneries françaises de San Leandro.

Anne-Marie, son épouse, meurt le 24 janvier 1911. Son décès fait la Une du Figaro du 25 janvier 1911:




La famille Miniac vers 1892-1893 ( la petite dernière, Anne, n'est pas présente, née en 1895 ). Autour de Paul Miniac et de son épouse Marie Desmonts, leur cinq enfants ( de gauche à droite : Paul née en 1883, Marie née en 1889, Edmond né en 1884, Louis né en 1887 et Alexandre né en 1885) et leur mère rescpetive, à gauche Anne-Marie Duchesne (1825-1911) et à droite Alexandrine Desmonts née Ory (1821-1897).
(Cliquer pour agrandir la photographie.)




 
À son retour en France, précisément à Marseille le 26 décembre 1854, Fanny Loviot devient l'auteur d'un livre unique, paru en 1858 chez Emile Allard, imprimeur-éditeur parisien établi rue d'Enghien, dans le quartier de la Porte-Saint-Denis.



Puis sa vie se perd dans un total anonymat. Succès du livre, ce récit fut rapidement traduit en plusieurs langues européennes, danois dès 1859, suédois, anglais, en tant que rarissime témoignage de l'émigration européenne vers l'Eldorado. Même si ses omissions et approximations sont nombreuses et constantes, ses affirmations en contradiction totale avec d'autres sources maritimes, le récit impressionniste de Fanny Loviot, loin de la réalité des faits établis par d'autres sources d'archive, demeure un témoignage sur un épisode majeur de la vie de Louis Miniac, tout comme la fantaisiste et avortée BD, Pour tout l'or du monde (Quadrants, 2011), d'Alain Grand et Régis Hautière.
 
 
 
Jean-Paul Bouchon consacre un chapitre de l'Exotisme au féminin à ce périple transatlantique, de même que Françoise Lapeyre dans Le roman des voyageuses françaises. Cette dernière accumule les légèretés historiques en s'inspirant du seul récit de Fanny Loviot, la créditant notamment d'une sœur avec laquelle elle aurait voyagé sur L'indépendance. L'excellent Gilles Lapouge, préfacier d'une réédition des Pirates chinois chez André Versaille éditeur en 2010, précisant " je pense que tout ce qu'elle dit est exact" est exemplaire dans la méconnaissance de ce périple.
La vie de Louis Miniac est relatée dans trois ouvrages, dont Les Mystères de la Manche (paru chez de Borée, en 2009) qui, fruit de recherches en archives, rétablit la vérité factuelle sur le voyage relaté avec fantaisie par Fanny Loviot.
L'écrivain Jean-François Miniac est l'arrière-arrière-petit-fils de Louis Miniac.

Sources


Alexandre Dumas fils, par André Gill.
 
 
  • Alexandre Dumas fils, Histoire de la loterie, 1851.
  • Karl Marx, Le 18 brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, 1852.
  • Daily Alta California, n° 331, premier décembre 1852.
  • Alphonse Karr, Les femmes, 1854.
  • Charles de Saint-Amant, Voyages en Californie et dans l'Oregon, L. Maison éditeur, Paris, 1854.
  • Fanny Loviot, Les Pirates chinois, ma captivité dans les mers de Chine, Allard, Paris, 1858.
  • City directories for San Francisco, California, 1873.
  • Le Monde Inconnu, n°2, 9 octobre 1881.
  • Revue des Deux Mondes, 1896.
  • Léon Lemonnier, La Ruée vers l'or, Gallimard, 1944.
  • Abraham Phinéas Nasatir, French activities in California, Stanford University Press, California, 1945.
  • Marie-Antoinette Ménier, Exposition de Centenaire de la Nouvelle-Calédonie au Musée de la France d'Outre-Mer, décembre 1953-février 1954, in Journal de la Société des océanistes.
  • La loterie des lingots d'or, Liaisons, BIPP n° 182, 1971.
  • Claude Fohlen et Madeleine Bourset, L'émigration française, La Sorbonne, 1985.
  • André Barilari, La loterie des lingots d'or, Plon, 1989.



  • Claude Fohlen, Perspective française sur l'émigration française aux Etats-Unis, 1990.
  • Del Wilcox, Voyagers to California, Sea Rock Press, 1991.
  • Paula Mitchell Marks, Precious Dust: The Saga of the Western Gold Rushes, 1998.
  • Les Carnets de l'exotisme - L'exotisme au féminin, un chapitre écrit par Jean-Paul Bouchon : "Fanny Loviot chercheuse d'or au Far West", 2000.
  • Paul Malet, Les voiles de la misère, Cheminements, 2000.
  • Guy Fargette, Emile et Isaac Pereire, 2001.
  • Les Havrais et la mer, éditions PTC.
  • Robert Sinsoilliez, L'Expédition des Normands en Nouvelle-Zélande, Corlet, 2005.


  • Olivier Le Dour et Le Clech Grégoire, Les Bretons et la Ruée vers l'or de Californie, Les portes du large, 2006.
  • Françoise Lapeyre, Le roman des voyageuses françaises, chapitre La captive des mers de Chine, Payot, août 2007.


  • Jean-François Miniac, Les mystères de la Manche, chapitre sur le récit du voyage de l'Indépendance, de Borée, 2009.
  • Lettres reçues d'Océanie, Khartala, 2009.
  • Recherches en Californie de l'universitaire française Annick Foucrier.
  • Muriel Bordogna, Les cahiers anecdotiques de la Banque de France, n°41.


Le patronyme Miniac dans le monde.

Le patronyme breton se retrouve dans divers lieux de la planète bleue :

CANADA

* Affluent de l'Hurricana River prenant sa source sur le Lake Blouin et descendant essentiellement l'Ouest du Québec sur plus de 500 kilomètres, une petite rivière d'une quinzaine de kilomètres et pourvoyeuse de truites porte le nom de Miniac, près de Berry, en Abitibi-Témiscamingue, quatrième plus vaste région de la province de Québec. (GPS : 48.9925 latitude et -78.13667 longitude)



* Une rue Miniac existe  à Amos, point de colonisation des terres vierges d'Abitibi en 1910, municipalité depuis 1914 et chef-lieu du district québecois d'Abitibi, son berceau, aujourd'hui seule ville majeure sur la rivière Hurricana avec ses quelques 12000 âmes, à la frontière Ouest du Québec.



* Un canton québécois portant le nom de Miniac, dans le comté d'Abitibi, situé au nord de la ville forestière et minière d'Amos. (48°55'. 78°05'. 25900 en 2004. 16/12/1916. 08/10.)


* Une rue et une place à Saint-Laurent, sur l'île d'Orléans, toujours au Québec, porte le nom de Miniac. La place est située à une extrémité de la rue de Miniac.
* Une rue de Miniac existe encore à Montréal, dans l'arrondissement de Saint-Laurent, non loin du par régional de.
Sans doute en hommage à l'abbé Jean-Pierre de Miniac (Rennes, 1691- Nantes, 1771), vicaire général d'Acadie en 1740 ?
On doit à cet homme l'édification d'une chapelle à Beaumont, dans la région de Chaudière-Appalaches : la chapelle de procession de la Sainte-Vierge, construite vers 1740. "Cette chapelle en pierre crépie et lambrissée présente une nef de plan carré terminée par une abside en hémicycle. Elle est coiffée d'un toit à deux versants retroussés et un clocher surmonte le faîte en façade. La chapelle de la Sainte-Vierge est située en bordure de la route, dans la municipalité de Beaumont, à l'est de l'église Saint-Étienne-de-Beaumont. " in Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Sources :
Dictionnaire biographique du Canada.
Les prêtres de Saint-Sulpice au Canada, Les presses de l'université Laval, 1992.

A titre de curiosité, il existe un garage Miniac à Montréal, situé boulevard Van Horne, dans le centre de la ville.




FRANCE

IMMOBILIER
* Un hôtel particulier de Rennes, l’hôtel de Lanjamet de Miniac, abrite un bâtiment municipal de nos jours, situé au 14, rue Saint-Yves, à deux pas de la mairie. La seigneurie de Miniac (Miniac-sous-Becherel ) appartient à Guillaume de Lanjamet, conseiller au parlement, écuyer, seigneur de Miniac et de La Vieux Ville, né et baptisé à Saint Tual.

CAPITAINES CORSAIRES de SAINT-MALO

MINIAC de la Villeneuve Thomas1711
MINIAC Gouyon1697
MINIAC Joseph, Sr de la Ville-es-Nouveaux1705-06-08
MINIAC Nicolas-Joseph1706-07
MINIACde la MOINERIE Thomas-Auguste1702-04-06-07


FAUNE ET FLORE

CERISIER
* "Jaune de Miniac" est le nom d'une variété de cerisier ancien et toujours commercialisé. Elle peut s'acquérir chez :
Pépinieres Cyril MACLER - Pellegoat - 22810 PLOUGONVER - tél. 02.96.21.68.22 - email : pellegoat@free.fr

POMMIER
* "Rouget de Miniac" (curiot) est une variété de pomme à couteau, issu du terroir de Miniac-Morvan. Clone du Rouget de Dol, cette grosse et rustique pomme à cuire a une chair acidulée, juteuse et goûtée sous un épiderme jaune à striures rouge clair. Son grand arbre, peu sensible aux parasites, est vigoureux et charpenté, productif après sa tardive floraison. "Cultivé à Miniac-Morvan, il ressemble au Rouget Blanc. Il est un peu moins gros (8 à 10 cm de diamètre. Son épiderme est plus coloré. Le rouge vif recouvre près de la moitié de la surface de l’épiderme. Il se conserve jusqu’en janvier. Sa chair semble un peu plus fine." in Les mordus de la pomme.

ORGANISME MARIN

Selon les Mémoires du Queensland Museum, un organisme marin porte même le nom latin de miniac, « Miniacum d’eudistoma » ( Sluiter, 1909). Cet animal marin qui vit dans l’Indo-pacifique central est un animal de la classe des ascidiacea, de l’ordre des enterogona, de la famille des polycitoridae, du genre eudistoma.

CITATIONS

Dans les Mémoires d'Outre-tombe, Chateaubriand évoque un sieur de Gouyon-Miniac.

15/02/2013

Genealogie MINIAC



 
 
La Ville Coeuru, en Saint-Méloir des Ondes, Ille et Vilaine, est le berceau familial des Miniac vers 1700. En parler Gallo: un "gars Coeuru"signifie en homme fort, puissant

18/01/2013

Olivier de Miniac ( ou de Mauny)

Olivier de Mauny ou Olivier de Miniac, né vers 1320 et mort vers  9 juillet 1389, était un comte, baron de Thorigny (ou Torigny), seigneur de Marcé, seigneur de Lesnen, chambellan du duc d'Orléans et chambellan du roi. Conformément à ses dernières volontés, il fut inhumé dans la chapelle de Saint-Thual. Il fut un cousin de Bertrand du Guesclin.
Olivier de Miniac est un fidèle compagnon du connétable Bertrand du Guesclin avec lequel il participe à la bataille de Cocherel en 1364, une des batailles marquantes de la guerre de Cent Ans. Connu aussi sous le nom d'Olivier de Mauny, ce cousin de Bertrand du Guesclin le suit dans toutes ses guerres, du siège de Rennes à la mort du connétable à Châteauneuf-de-Randon en 1380.
Seigneur de Miniac (le chateau féodal du Bas-Miniac, en Miniac-Morvan), de Château-Gaillard, il est aussi bailli de Caen, comte de Thorigny.
Après Cocherel, il édifie le château de Lesnen, près de Tinténiac, en Ille-et-Vilaine, château aujourd'hui disparu, détruit au temps de guerres de la Ligue en Bretagne.
Natif de Miniac-Morvan, il reste le plus lointain ascendant des familles de Miniac, qui donneront notamment un des trente combattants bretons au célèbre Combat des Trente, ou encore un capitaine de vaisseau lors de la prise de Rio de Janeiro en 1711 par René Duguay-Trouin.
Par ailleurs, la famille de Miniac est rattachée à la dynastie des Grimaldi de Monaco par Jacques Ier de Monaco. De fait, Albert II de Monaco est le lointain descendant de Marguerite de Miniac, fille d'Olivier de Miniac qui se marie en 1421 à un Goyon de Matignon, dont l'un des descendants, Jacques, épousera une Grimaldi en 1715. Ainsi, par Marguerite, Albert II est un lointain cousin de Bertrand du Guesclin. D'ailleurs aujourd'hui encore, le prince de Monaco est Comte de Torigni par la famille de Miniac.
D'autres de Miniac précèdent Olivier (un Raoul de Miniac, chanoine à Dol-de-Bretagne au XIIe siècle, un Morvan de Miniac, seigneur du Bas-Miniac, au même siècle) sans qu'on puisse les rattacher précisément par filiation. Une certitude, ce patronyme s'enterre dans cette commune du Clos-Poulet (pays de Saint-Malo) aux alentours de l'an mille.


Henri Frotier de la Messelière, généalogiste de la famille Miniac.



La famille de Mauny ou de Miniac est une des plus anciennes maisons de la noblesse bretonne et française. Un membre de cette famille, le baron Gautier (Walter) de Mauny, fils de Jean de Mauny surnommé Le Borgne, est devenu un des premiers chevaliers de l'ordre de la Jarretière.
Leur généalogie est liée à la descendance de Saint Louis, et une femme "Mauny" s'est mariée avec le prince de Galles, futur roi d'Angleterre (alors famille issue du duc de Normandie, Guillaume le Conquérant).
Cette famille s'illustra notamment pendant la guerre de Cent Ans, avec Bertrand du Guesclin.
D'abord baron, les Mauny sont devenus comtes puis ont été érigés marquis par le roi Louis XIV.
Ils ont pour titres : comte de Mauny, marquis de Pontbriand, baron de Thorigny, seigneur de Lesnen et du Bercenay, seigneur de Billaye.
Leur devise est « Mauny Ô toit Guesclin » et « Jungat stemmata virtus ».
Depuis le XIIIe siècle, l'évêché de Laon étant alors pairie royale ecclésiastique, plusieurs Mauny sont devenus évêques de Laon et par ce fait pairs de France :
  • Anselme de Mauny († 1238), évêque-duc de Laon (1215)
  • Ithier de Mauny († 1261), frère d'Anselme de Mauny, évêque-duc de Laon (1238)

Walter (Gautier) second époux de la comtesse Margaret de NorfolK, fille de Thomas de Brotherton (fils du roi Édouard Ier d'Angleterre sur le site généalogique Medieval Lands]

Biblio :
Henri de La Messelière, Filiations bretonnes, armorial et nobiliaire, 1912-1924, cinq volumes.

Magdelaine Miniac

MAGDELAINE MINIAC :1764-1844

Fil
le de Jean Miniac, cette blanchisseuse épouse un marin servannais, Jean Legangnoux ( 1757- an IV) le 3 juin 1783 à Saint-Servan. Son frère Jacques, corsaire et négrier, et son père signe au mariage. Ce Jean-là n’est autre qu’un frère de Julien Legangnoux, principal témoin de l’égorgerie de la Passagère, célèbre affaire criminelle en 1790. Vivant rue de Solidor, ils auront une fille, Anne, née en 1785.











































































Antoine Miniac

ANTOINE MINIAC :1781-1854

Propriétaire.

Né le 5 novembre 1781 à Saint-Servan, Antoine Marie est un des neuf enfants de Jean Miniac, laboureur puis jardinier, et de Madeleine Taillefer, mariés le 22 novembre 1763 à Saint-Servan.

Successivement calfat, puis cordier dans le port de Solidor en l’an III (1794-1795), congédié en l’an XI (1803-1804), apprenti tonnelier en 1809, Antoine multiplie ses activités, cabaretier, gardien du bureau de la marine et finalement propriétaire immobilier.

Antoine réside au Poncel, à la Roulais, puis rue de la Fontaine, en Saint-Servan, au moins dès 1818. (1)

A Saint-Servan, cet homme de petite taille, un mètre soixante deux, yeux et cheveux roux, front découvert se marie avec Noëlle Germain, qui lui donne un fils à trente neuf ans, Louis, né le 26 Août 1822. Le 5 novembre 1814, Antoine perd son père, place de la Paroisse, puis le 2 octobre 1820, sa mère, décédée rue Verte. Ensuite, ce seront ses deux sœurs indigentes, Perrine et Madeleine, qui mourront à Saint-Servan. Cordonnier de marine en faillite, séparé de sa femme, Anne-Marie Duchesne (2), son fils Louis s’évanouira vers 1852 en Californie, peu avant le décès de son père, Antoine. Membre de la Congrégation des Hommes depuis 1818 et de la Confrérie du Sacré Cœur de Jésus, le pieux Antoine meurt cour Saint-Mathurin en juillet 1854, dernier de sa fratrie à disparaître.

François Bernardin Miniac

FRANCOIS BERNARDIN MINIAC :1774- 1839

Tonnelier et corsaire.

img é à Saint-Servan le 16 mars 1774, baptisé sous le nom erroné de François Bernardin, ce frère d’Antoine sera apprenti navigateur, matelot, puis tonnelier à l’Ile Penote, lieu-dit servannais. Il demeure chez son père, au Rosais en 1792.

Du 3 vendémiaire 1791 au 3 mai 1792, il est sur le vaisseau « Patriote », un navire de douze tonneaux de l’armée navale de Méditéranée, commandant Landais, qui depuis Brest fait une mission en Méditérranée.(1) Du 29 mai suivant au 26 février 1793, il est sur la flute la « Lourde », commandant Pichot, enseigne de vaisseau. Basée à Cherbourg, elle transporte vivres et matériels entre Le Havre et Brest. (2) Revenu de prison sur la gabarre « Le marsouin » le 4 floréal an V. Du 27 février 1793 au 20 novembre 1795, François est tonnelier sur la frégate « Concorde », commandant Van Dongen, capitaine de vaissseau. Après une croisère au large d’Ouessant, elle rentre à Brest, d’où elle repart pour Saint-Domingue, transportant le général de brigade Galbaud du Fort, nouveau gouverneur général de la colonie, ainsi que sa suite. Après une croisière dans la mer des Antilles, la frégate capture la frégate anglaise Hyéna le 27 mai 1793 près du Cap Tiburon. Du Cap Français, la frégate se rend près de New-York, dans la baie de Chesapeake, via Port-de-paix et le môle Saint-Nicolas, avant de revenir à Brest. (3) De la baie de Chesapeake, la « Concorde » fait la traversée de Hampton roads à Sandy Hook, escortant un convoi du capitaine Henlopen, et ce donc jusque dans l’Ocean Atlantique. (4) Le 19 ventose an 4, il est sur le « Marsouin », pris par les anglais le lendemain. Ensuite, il est sur l’aviso « L’aventure », nommé ensuite sur « L’annibal ». A la Guadeloupe, il embarque sur le corsaire « Le parfait », armé du dit-lieu le 20 floréal an V, et est pris par les Anglais le 30 suivant. Revenu des prisons anglaises, Françoisl débarque à Cherbourg le 25 frimaire an 10. Dès le 22 brumaire an XI, il embarque au Havre.

Le 8 mai 1801, cet homme châtain de taille moyenne se marie avec Claire Godart, une servannaise née en octobre 1780.

En l’an XII, demeurant au Rosais après avoir habité la Flourie en l’an 10, il est au Long Cours, lors de la revue de Juillet.

Le 29 janvier 1803, il embarque sur le navire corsaire « Mercure », pris par les Anglais le 30 juillet. En 1807, François est encore pris sur le même navire ( revue générale). Le 28 décembre 1805, à Brest, il embarque sur une frégate de la marine Impériale, l’« Aréthuse », frégate sur laquelle vient de s’illustrer le futur contre-amiral Pierre Bouvet. Du 15 juin au 10 août, François est sur la goëlette « Abeille. , capitaine Eydoux, lieutenant de vaisseau, brick de la division légère de la mer Tyrrhénienne dirigée par le capitaine de frégate Chaunay-Duclos. Depuis Civitavecchia, le brick livre un combat devant l’embouchure du Tibre à la frégate anglaise Sirius, le 17 avril 1806. (5)

Il meurt le 11 juillet 1839, laissant deux fils dont l’un, François, lui donna cinq petits enfants, dont l’un sera le père de l’abbé René Miniac, professeur d’histoire au collège de Saint-Malo.